Avec le temps...
Dimanche, 10 Juillet 2011 09:34

Je reçois chaque jour de nombreux courriels qui m'encouragent à poursuivre mon activité de "blogueur", qui me demandent pourquoi je ne suis pas sur Facebook, pourquoi mon fil sur Twitter n'est pas régulièrement mis à jour, pourquoi je suis à ce point opposé à l'HADOPI, pourquoi je défends le droit d'auteur, pourquoi je ne présente pas plus d'images...Ou encore si je veux bien faire le portrait de X ou de Y ou un book ou des photos de "moi (toi, lui, elle) nue", de mon entreprise, de mon mariage, mon village, d'un séminaire, un colloque...Et concevoir un site web, réaliser une campagne de communication... C'est très aimable, mais je ne peux satisfaire toutes les demandes, ni répondre à toutes vos questions,  même si je m'y attèle avec énergie. Ce qui me manque ? Le temps.

Je ne suis pas sur Facebook pour deux raisons. En premier lieu, je suis en total désaccord avec leur politique d'exploitation des données. Ma vie privée ne regarde que moi et n'appartient qu'à moi. Pas question donc de l'étaler sur un réseau dont on ne maîtrise pas les rouages. En soi, l'idée de Facebook n'est pas mauvaise. Diaspora ou Google + pourraient d'ailleurs la rafraîchir en proposant un modèle plus respectueux des données privées. Mais je ne suis pas naïf au point de croire que Google ne tentera pas d'exploiter les informations recueillies d'une manière ou d'une autre. Par ailleurs, Facebook ne sera jamais aussi ouvert sur le monde qu'un blog. Reproduire ce que vous trouvez sur ce site sur un réseau social n'aurait pas de sens. Quant à la visibilité que Facebook pourrait m'apporter, je n'en ai cure. Plus de 60 000 internautes ont visité ou revisité ce site depuis août 2010, je n'en espérais pas autant et je les remercie vivement.

J'ai créé un compte sur Twitter pour trois raisons. La première, suivre l'actualité de certains auteurs et musées. La seconde, établir des liens vers des articles publiés par d'autres. Ce faisant, je pouvais constituer un répertoire accessible d'articles qui me semblaient intéressants concernant la photographie en particulier et l'art en général. La troisième raison est plus triviale. Il me semblait utile de relayer quelques-uns de mes articles à la communauté. Vu le peu de "suiveurs", je doute que cela puisse avoir un réel impact. D'autant que je n'ai guère le temps de twitter et qu'il ne faut pas perdre de vue qu'en l'absence de mises à jour régulières, un fil sur Twitter reste peu intéressant.

Je suis contre l'HADOPI parce que cet organisme est fondé sur des principes que je désapprouve : la surveillance systématique, automatique et généralisée, la contribution publique au service d'intérêts privés, la défense de l'industrie "culturelle" qui constitue la négation parfaite de la créativité,...Depuis sa mise en place, cet organisme n'a pas versé un centimes aux artistes et créateurs et n'a pas contribué à aider l'industrie du disque à sortir du marasme mercantile dans lequel elle plonge inexorablement. Pire, l'HADOPI a contribué à rompre les liens qui unissaient les artistes et leur public en se pliant dans une génuflexion servile devant les intermédiaires industriels et leurs préoccupations commerciales. L’œuvre, l'art la culture, le créateur et le public sont autant de notions méprisées par cette politique indigne d'un pays comme le nôtre.

Lutter contre l'HADOPI ne m'empêche pas de défendre le droit d'auteur parce qu'il permet à de nombreux artistes de vivre de leur travail et parce qu'il s'oppose à l'esclavagisme moderne que tente d'imposer les industriels de l'inculture. Mais je ne suis pas opposé à sa réforme si celle-ci nous engage dans un monde où la culture pourrait circuler librement et être accessible à tous. Pour le photographe que je suis, cette liberté devrait commencer à l'école. Je souhaite par exemple que tout enseignant puisse dans sa classe présenter librement et gratuitement toute œuvre ou sa représentation (film, disque, photo, peinture...) sans avoir à payer pour cela. Je souhaite aussi que chaque auteur puisse décider de l'abandon de tout ou partie de son œuvre au domaine public dès après sa disparition...Le débat devrait être ouvert, il serait riche et passionnant.

Quant aux autres questions qui se rapportent plus directement à mes activités, je me dois de les considérer dans leur ensemble. Je reste ouvert et disponible pour participer à vos projets et vous aider à les réaliser, dans la mesure de mes possibilités, du temps qu'il me reste...Et si j'en trouve encore un peu, je pourrais enfin me consacrer à quelques projets photographiques plus personnels.