| L’Élysée montre l'exemple ? |
| Mercredi, 20 Avril 2011 18:17 |
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Le 31 mars 2011, la société Fotolia (banque d’images en ligne) remportait le trophée de l’ACSEL du numérique dans la catégorie pure player. Ce prix leur était remis par Pierre Kosciusko-Moriset, président de l‘ACSEL (Association de l’Economie Numérique), en présence du Ministre de l’Industrie et de l’Economie Numérique, Eric Besson. L’Union des Photographes Professionnels (UPP), dont la vocation est de défendre les droits et les intérêts des photographes, dénonçait alors cette récompense dans un communiqué publié sur son site. L'UPP considérait ce prix comme "une véritable provocation pour l’ensemble de la profession". Il est évident que cette banque d'images proposent des photographies à des tarifs défiants toute concurrence. Vendre une image pour quelques centimes d'euros quand la réalisation d'une telle photographie par un professionnel, dans les règles de l'art et en respectant la législation, le code du travail, la fiscalité, les cotisations sociales...revient à plusieurs dizaines d'euros, peut sembler pour le moins étrange. Un documentaire réalisé par Vanina Kanban pour France 4 et visible sur Youtube (1), expliquait, ou tentait d'expliquer, les méthodes de cette société. On y découvrait notamment comment le recours à des photographes des pays de l'Est permettait de réduire les coûts. Si le plombier polonais s'est arrêté à la frontière, ce n'est pas le cas des images qui comme le nuage de Tchernobyl continuent de polluer notre marché intérieur et comme le souligne l'UPP (2) " participent massivement à l’effondrement du marché de la photographie en France et à la crise que traversent les photographes professionnels".
MAJ : Ironie de l'histoire, la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet (HADOPI) vient d'enregistrer un dossier de labellisation d'offre légale déposé par la société Fotolia. Les ayants droit disposent d'un mois pour s'opposer à la délivrance du label, sinon celui-ci sera délivré par défaut, comme le prévoit la procédure fixée par décret. Si le dossier de cette société est validé alors tous les photographes de France devraient de fait bénéficier du même label. A moins que les photographes ne se décident à créer un autre label ? A moins que toute cette agitation ne cesse avec la disparition de l'HADOPI en 2012 après les élections ? Une recherche rapide sur "Google images" permet de faire bien d'autres découvertes et notamment que les droits des auteurs sont très largement bafoués. Les mentions pourtant obligatoires du nom de l'auteur apparaissent rarement (sauf sur le site du ministère de la Justice où cela semble être la règle, soit sous les images, soit via les balises "alt" et "title", mais pas sur le blog Dalloz pourtant tenu par des juristes). Elles sont parfois même légendées par un généreux DR (5) ou tout simplement supprimées et remplacées par le logo du client. Au passage, il n'est pas inutile de noter qu'au chapitre "restrictions d'usage", Fotolia indique pourtant (c'est la moindre des choses): "pour des raisons de sécurité, en usage web, les fichiers ne peuvent être affichés en plus de 1000 x 1000 pixels ; Vous devez impérativement indiquer le copyright fourni par Fotolia pour toutes les utilisations que vous ferez des images achetées. " Autant de clients qui ne savent pas lire...Sur le site de la CCI de Versailles qui semble beaucoup apprécier la banque d'images, point de mentions et des images énormes (3333 x 2222 pixels pour ces pièces de monnaies et 2351 x 1574 pixels pour ce sac très pressé)... Alors un label HADOPI "offre légale" ? Et pourquoi pas la Légion d'honneur ? Suite à la mobilisation de nombreux photographes, la SAIF et l'UPP notamment ont décidé de réagir et nous invitent à signer une pétition "Non au label Hadopi pour Fotolia". Notes :
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