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Que souhaitez-vous montrer à travers vos photographies ?
Une partie de mon âme peut-être. Paradoxalement, photographier c’est se dévoiler, parfois se mettre à nu. On s’imagine tranquille, à l’abri derrière l’objectif et l’on se retrouve sur la scène. J’envisage mes photographies et mon travail photographique sous plusieurs angles. Le Regard posé sur, le témoignage, mais aussi le Récit et la Narration. Cela peut être du reportage, mais je suis alors parfois d’une banalité affligeante. Je ne suis pas un romancier. Je suis plutôt poète et sentimental et je l’exprime à travers de petites séries plus créatives. Je me sens plus proche de Rimbaud ou de Vian que de Zola ou Victor Hugo. Je suis plus morceaux de jazz que symphonie, plus fragment que monument.
Ce que je "montre", c’est aussi que rien n’est définitif. Je cite souvent Lavoisier, "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Ceux qui pensent que la photographie est un instant figé n’ont rien compris à la photographie. La photographie, c’est le mouvement. Observez les photos de Doisneau ou de HCB (Henri Cartier-Bresson), il y a toujours trois temps, "avant, pendant et après", même si vous ne les devinez pas au premier regard, ils sont là. J’aime la photographie parce qu’elle suggère autant qu’elle montre. Elle est plus proche de l’écriture que le cinéma, qui donne parfois trop à voir, jusqu’au vertige.
La photographie stimule l’imagination, l’interprétation. Lorsque je réalise une photographie, j’imagine autant que je vois. Je sais aussi que le spectateur ne verra pas ma photo comme je la vois. Il imagine d’autres choses, à l’aune de sa vie, de son vécu, de sa propre expérience. Ce faisant, le dialogue s’installe. J’ai vu et j’ai rêvé, je donne à voir. L’autre voit et rêve à son tour, il me redonne à voir. Finalement, je ne sais pas si je cherche à montrer quelque chose ou si je souhaite simplement donner à voir. J’ai si peu de certitudes. C’est peut être cela mon fil d’Ariane, le doute, la liberté d’interprétation…
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