Le Cloud...Oui, mais non !
Samedi, 15 Septembre 2012 08:04

Le Cloud, "nuage" en français, n'a rien à voir avec la météo comme certains le pensent (et ils sont nombreux). Il s'agit simplement d'un espace de stockage qui n'est pas physiquement présent sur votre ordinateur ou à côté de celui-ci. Pour autant, il existe bien quelque part, sur des serveurs distants, installés en des lieux que vous ne connaissez pas et auxquels vous n'aurez pas accès.

Premiers problèmes, et de taille, peut-on faire confiance à ces serveurs, à la société qui les gère, les fichiers que nous allons y déposer sont-ils en sécurité ? On peut le supposer, mais sans certitudes.

Le Cloud, une fausse bonne idée ?

Pour le photographe, disposer d'un stockage distant serait très intéressant, voire indispensable. Le professionnel de l'image pourrait stocker ses clichés depuis l'autre bout de la planète et y accéder en permanence pour peu qu'il dispose d'un accès à Internet. Pratique pour montrer des images à un client, partager, échanger...

Chez OVH, la solution de Cloud est baptisée hubiC. Une nouvelle version du logiciel de transfert est proposée depuis peu et je décide donc à tester cette solution. Quelques secondes pour créer l'espace sur hubiC (25 GO start - gratuit) et guère plus pour installer le logiciel de transfert et appliquer la mise à jour. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Premier transfert, une série de 15 images réalisées récemment lors de l'essai de la nouvelle BMW série 3. Un simple glisser-déposer et...je regarde défiler les kilo-octets...C'est lent, très lent, trop lent. Entre 45 secondes et 1 minute par image, soit la vitesse de transfert en ftp vers un dossier de mon site Internet. Inutilisable donc pour le professionnel qui souhaite stocker ses images en ligne.

Le Cloud est certainement une bonne idée, mais vous l'aurez compris, la vitesse de transfert depuis l'ordinateur vers l'extérieur (Upload) étant bridée 1 par les FAI (Fournisseurs d'Accès à Internet), il est impossible de transférer une série de 300 photos dans un laps de temps raisonnable. Pour quelques fichiers contenant du texte ou une image de temps à autre, pourquoi pas. Mais dans ce cas, autant acheter une clé USB.

Alors le Cloud pour le photographe ? Oui, mais non ! Dommage...

Notes :

  1. Le "bridage" n'est pas imposé par nos FAI. Celui-ci est en effet lié au fait que les données transitent principalement via des lignes dites ADSL, au débit asynchrone (Téléchargement - download - plus rapide que le chargement - upload). Le cloud est tout-à-fait utilisable sur une ligne SDSL au débit synchrone (Transferts montants et descendants à la même vitesse). Mais ces lignes SDSL sont plutôt réservées aux entreprises qui peuvent (doivent) investir dans ce genre de connexions. Cela n'enlève rien au fait que depuis l'étranger et votre chambre d'hôtel, vous risquez fort de ne pouvoir disposer que d'une ligne ADSL au débit montant beaucoup trop modeste pour être exploitable.
 
Le boitier Reflex est mort !
Mardi, 01 Mai 2012 09:14

Une petite révolution est en marche chez les photographes amateurs et professionnels. Depuis la sortie du Fuji X100, que j'avais salué pour ses qualités photographiques et son design, et l'arrivée sur le marché des compacts à objectifs interchangeables dits "hybrides", chez Sony notamment, les compacts "experts" et les "hybrides" sont aujourd'hui au moins aussi bons que les boitiers dits "Reflex". Dans cette nouvelle catégorie, le Fuji X-Pro 1 semble aujourd'hui le mieux taillé pour permettre aux photographes professionnels de changer d'univers et deviendra à n'en pas douter, le meilleur représentant de cette révolution (1).

Image réalisée au X10, le plus petit des nouveaux compacts de la gamme Fuji - 100 iso - f 4.5 - 1/800e

Moins lourds que les Reflex, plus compacts, plus simples, plus abordables financièrement, les compacts "experts" séduisent. Il suffit pour s'en convaincre de tester la gamme Fuji (X10, X100, X-Pro 1), le nouveau Canon G1 X (images superbes et croustillantes) ou le Sony Nex 7. Ces appareils produisent désormais des images qualitativement aussi bonnes, voire meilleures, que la plupart des Reflex. Équipés de capteurs plus grands que les traditionnels compacts destinés aux amateurs, soigneusement fabriqués et dotés de fonctionnalités avancées, ces compacts et "hybrides",  "experts" ou "pros", n'ont plus rien à envier aux Reflex.

Dans un entretien récent accordé au magazine 01Net, le photojournaliste Eric Bouvet explique justement pourquoi il a abandonné ses Reflex pour deux Fuji X-Pro 1. On retiendra de cette interview quelques points en faveur des compacts "experts" et des nouveaux "hybrides" : Le poids (toujours l'ennemi du photographe), le budget (les photos se vendent mal et acheter un D800 ou un 5D est un sacrifice, que dire d'un D4 ou d'un EOS 1), la compacité, la taille (le bon photographe aime la discrétion et préfère s'effacer devant son sujet), la simplicité (le bon photographe n'a besoin que de quelques molettes et boutons – mesure, diaphragme, vitesse, ISO, mise au point – et d'une visée claire). Quant aux objectifs, inutile de préciser qu'il serait incongru de monter un téléobjectif de 400 ou 600mm sur l'un de ces nouveaux appareils. Les photographes de nature et de sport restent condamnés à trimballer plusieurs dizaines de kilos de matériels et ne pourront se séparer de leurs Reflex. Pour les autres, l'alternative est plus qu'intéressante et photographier au 35mm ou au 50mm, dans la rue, en voyage, en famille, ou en reportage pour les photojournalistes, pourrait bien redevenir un plaisir.

A méditer avant les vacances et l'achat éventuel d'un nouvel appareil. Pour ce qui me concerne, le choix est fait. En dehors de certains travaux photographiques (pour mon entreprise ou pour les photos de nature) pour lesquels je vais continuer d'utiliser le D3s en attendant un D800, je vais me tourner vers la gamme Fuji (X10 (2), X100 et X-Pro 1) pour mes images personnelles, photos dans la rue, voyages, portraits et séries plus artistiques.

 

Notes :

1. Certains n'ont pas hésité à le comparer au prestigieux Leica M9 (qui n'est pas un Reflex, mais un télémétrique) pour se rendre compte de l'extraordinaire qualité du Fuji pourtant quatre fois moins cher.

2. Je viens de tester le X10 avec bonheur pendant une semaine en Andalousie. Je le conseille aux débutants et amateurs (en mode auto) et à ceux qui veulent voyager très léger. Pour le professionnel, ce superbe petit boitier servira de bloc-notes. Points positifs : compacité, design, prise en main agréable, qualité réelle des images et des vidéos, simplicité, choix du type de pellicule...Eh oui, j'ai retrouvé mes Provia, Astia et Velvia... Points négatifs : le recours aux menus trop fréquent, j'aime les boutons et molettes pour les réglages de base (mesure, diaphragme, vitesse, ISO, mise au point). Le choix de la mesure (spot, centrale, matricielle) et de la zone de mise au point sont pénibles ! Le viseur est clair, mais...vide d'informations. L'écran arrière est complet...mais je n'arrive pas à m'y faire. Quant à la batterie : autonomie ridicule (250-300 images sans vidéos), coûteuse (sauf en sous-marque) et introuvable (pour le moment), le vrai point noir. Vivement le X-Pro 1 !

 
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