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En marge du festival Visa pour l'image qui consacre le travail de nombreux photojournalistes, l'un des débats cette année portera certainement sur la retouche et Photoshop. Après la disqualification d'un candidat au World Press pour usage abusif du fameux logiciel (Pouvait pas utiliser The Gimp ?), la post-production sur écran est encore sous le curseur. Dans le cas du candidat au World Press, la retouche comportait : Recadrage important (on passe d'un plan large à un très gros plan), passage en noir et blanc, ajout de grains (pour faire plus vrai ?), et suppression d'un détail, en l'occurrence un pied. Et c'est le pied qui l'emporte. Selon les instances du World Press, c'est la suppression du pied qui est à elle seule inadmissible (on se souvient de l'affaire de la bague de Rachida...). A mon humble avis, de la part d'un photographe de presse, toutes les retouches ou presque étaient inadmissibles. Les seules modifications qui devraient être autorisées sont : retouche du contraste, recadrage, et suppression des poussières.
Le problème vient surtout du fait que l'intention artistique ne doit jamais présider au travail photojournalistique. Cela n'empêche pas les photographies de presse de passer pour artistiques, mais ce n'est pas leur vocation. Tout est question de lecture. Je peux observer une photo de presse sous l'angle de l'art et lui attribuer toutes les valeurs d'une œuvre. Pourtant, dans l'acte, le photographe de presse n'était pas un artiste, mais un journaliste qui faisait son travail. Dans l'absolu, ce pourrait être simple. Las, le photographe cadre son sujet (posture artistique), compose avec la lumière (posture artistique)...Une solution peut être ? Imposer que les photographies soient présentées systématiquement en regard du fichier original. Une rapide comparaison permettrait alors de vérifier l'importance de la retouche.
Et Photoshop dans tout cela ? Comme toujours la technologie sera décriée. Pourtant, la retouche est vieille comme la photographie. Les opérateurs n'ont pas attendu les logiciels de retouche pour modifier, améliorer, amputer, truquer leurs images. Un débat pour rien. Comme celui sur les modèles des magazines féminins. Interdire Photoshop après les défilés de mode ? Pourquoi pas ? Mais il faudrait aussi accepter les filles de plus de 50 kilos, interdire le maquillage, la coiffure, éclairer à la bougie...La Vénus de Willendorf en tailleur Chanel, ce serait coquin.
En attendant, bon Visa.
Visa pour l'image, à Perpignan : 27 expositions en plusieurs lieux de la ville. Tous les jours, de 10 heures à 20 heures. Entrée libre. Du 28 août au 12 septembre. Soirées-projection au Campo Santo, du 30 août au 4 septembre, 21 h 45. Tél. : 04-68-62-38-00.
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