Photographe de la semaine : Christophe Agou

Brèves, expositions, conférences...

Le Musée national à Zurich présente "C'est la vie", une sélection de photographies de presse qui montrent la Suisse de 1940 à nos jours. Les photos proviennent principalement des archives des deux anciennes agences "Presse Diffusion Lausanne" et "Actualité Suisse Lausanne". Ces archives ont été léguées au musée en 2006. Elles regroupent plusieurs millions de négatifs, tirages papier et diapositives couvrant la période de 1940 à 2000. L'exposition est ouverte jusqu'au 22 avril.

250 milliards d'images...
Dimanche, 16 Octobre 2011 09:03

Souvenirs de vacances, portraits des personnes, empreintes des lieux, mais aussi reportages pour la presse, photos d'illustration, de mariages, anniversaires, sports, concerts...On a assisté au cours de ces vingt dernières années à une explosion de la pratique photographique, des ventes d'appareils photos et des espaces pour les présenter (Facebook, Twitter, Picasa...). Jamais nos existences n'ont été aussi documentées. Le bouleversement est d'autant plus important qu'il ne s'agit plus simplement d'oxyder de fragiles halogénures d'argent mais d'enregistrer, en de multiples exemplaires, des tranches de vie avec coordonnées GPS et horodatage.

Notre passé et nos souvenirs sur pellicules étant souvent confinés dans de vieilles boîtes à chaussures, reliques perdues de l'ère pré-numérique, il apparaît bien difficile d'évaluer le nombre d'images "analogiques" réalisées par l'homme au cours des 200 années d'existence du médium. Pour certains, ce nombre approcherait les 85 milliards, près de 14 images par seconde.

Aujourd'hui, on estime que 2,5 milliards de personnes dans le monde possèdent un appareil numérique. Si chacun effectue en moyenne 100 images par an (autour de 40000 pour ce qui me concerne), ce sont plus de 250 milliards de photographies qui sont ainsi réalisées chaque année. Cela peut paraître incroyable mais en 2011, nous allons déposer plus de 70 milliards de photos sur Facebook, en considérant qu'environ 15 à 20% de toutes les photos réalisées au cours de cette année finissent sur ce réseau. La collection de photos de Facebook compte déjà plus de 140 milliards d'images (soit autant que ce que l'on peut espérer trouver sur Google Images). C'est stupéfiant et pour bien situer l'importance de cette captation par la pieuvre de Palo Alto, retenons qu'il y a 10.000 fois plus d'images sur Facebook que dans les archives de la Bibliothèque du Congrès.

Même en tenant compte de la croissance démographique et de l'accessibilité du médium (un simple téléphone permet aujourd'hui de prendre des photos), l'augmentation exponentielle des photographies est incroyable. Toutes les 2 minutes, nous déclenchons autant que l'ensemble de l'humanité dans les années 1800.

Plus de 250 milliards d'images sont réalisées chaque année avant de finir, pour une bonne part, sur Internet.


Origine des chiffres et méthodologie :

Pour réaliser le graphique ci-dessus, nous avons consulté les sites concernés et collecté des données présentées dans quelques articles.

Google : les informations ne sont pas publiées et semblent constituer un secret jalousement gardé. Google, c'est fort Knox. La lecture de quelques articles datant des années 2004/2005 nous permet pourtant de constater un doublement du volume chaque année. En appliquant ce coefficient aux chiffres publiés en 2005, soit 2,2 milliards d'images, nous devrions potentiellement trouver en 2011 plus de 140 milliards d'images dans Google Images. L'un des dirigeants de Google avait évoqué le chiffre astronomique de 1000 milliards d'images en circulation sur Internet.

http://www.expertise-en-referencement.com/1-000-000-000-000-images-sur-internet.html
http://searchenginewatch.com/article/2061398/Google-Posts-New-Total-Size-Number-for-Google-Images
http://searchenginewatch.com/article/2061872/Google-Increases-Size-of-Image-Database

Facebook, Picasa, Photobucket : un site propose quelques infographies chiffrées. Une enquête d'autant plus intéressante que vous découvrirez que les femmes photographient plus que les hommes et que le sujet de prédilection des unes et des autres est : la femme.
http://blog.pixable.com//2011/02/14/facebook-photo-trends-infographic/

Flick'r : le chiffre est indiqué en page d'accueil.
http://www.flickr.com

Getty : nous avons effectué une recherche "vide" qui retourne un résultat chiffré.
http://www.gettyimages.fr/

Magnum : sur la page d'informations en anglais.
http://agency.magnumphotos.com/about/general

Library of Congress : les informations semblent dater de 2007 sur le site.
http://www.loc.gov/about/generalinfo.html#2007_at_a_glance

 
Calculer son business
Dimanche, 02 Octobre 2011 11:22

François est photojournaliste. Il travaille en indépendant pour la presse, élabore ses sujets, les réalise et les propose aux rédactions. En quelques semaines, il finalise un projet, un beau sujet qui compte 12 photos accompagnées d'un texte intéressant. Fier de son travail, persuadé que celui-ci peut séduire un magazine régional, il contacte Jacquouille responsable de la publication.

Jacquouille : "Votre sujet nous intéresse, on peut le publier"
François : "Super, merci, je vous le propose à 1200 euros" (Soit 100 euros la photo ce qui est un prix juste correct en presse)
Jacquouille : "Euh...On vous en donne 360 bruts, en salaire" (C'est la loi)
François : "Mais cela ne couvre même pas mes frais"
Jacquouille : "Bon, on peut faire un effort, 460 euros sur facture...A prendre ou à laisser" (C'est illégal)

Cette histoire est tellement banale. Aucun photographe ne sera surpris. Et pourtant, en proposant un règlement sur facture, le magazine sait qu'il agît en dehors de la législation. Il sait aussi que le photographe ne peut pas poursuivre son activité en proposant ses images à de tels tarifs (30 euros la photo) alors qu'un sujet correctement traité nécessite un investissement conséquent et des dépenses quotidiennes importantes.

Ce quotidien insoutenable, ce mépris du travail des journalistes (peu importe qu'ils soient photographes ou rédacteurs), n'honore pas cette presse si prompt à pleurer sur la baisse du lectorat et de ses revenus. Les siens, pas ceux des autres. Charité bien ordonnée commençant par soi-même.

Évaluer le Daily Cost Of Business

Pour accompagner celles et ceux qui souhaitent s'investir dans une activité photographique, quel que soit le secteur envisagé (presse, mode, packshot, mariages, portraits, illustration...), j'ai donc décidé de me lancer dans une entreprise de calcul du coût horaire et journalier de ce "business", ce que les anglo-saxons nomment le "DCOB", Daily Cost Of Business. Si chacun peut, demain, déterminer le coût de son travail et, par la même occasion, la marge qu'il peut appliquer, il sera, à mon humble avis, beaucoup plus facile de défendre le métier en se basant sur des arguments économiques. Usons donc des mêmes armes que nos "adversaires".

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